Un « Grand Prix » rock à l’arôme d’un grand cru

Fans impatients et fébriles, vous allez écouter cet album dès sa sortie, le 26 juin. D’un trait. Et à la fin, vous serez peut-être déçus. Vous direz peut-être même que vous n’y comprenez rien, que ça ne ressemble pas à Biolay. Mais, parce que c’est Biolay et que ça ne peut pas être mauvais, vous écouterez encore et encore (spoiler : vous aimerez!). Effectivement, Grand Prix ne ressemble à aucun autre album de Benjamin Biolay. Ce qui est en soi un pléonasme : Benjamin Biolay, comme Alain Bashung avant lui, ou comme actuellement Damon Albarn et Julian Casablancas, est un auteur compositeur qui casse systématiquement le jouet qui a fait son succès précédent. Autre album concept (la course automobile), autres sons, et une équipe musicale façon rock band.

Un rock band sur la piste de course

Celle qui a permis l’enregistrement de cet album s’est formée après Song Book, avec Johan Dalgaard (claviers), Pierre Jaconnelli (guitares) et Philippe Entressangle (percussions). Benjamin connaît Johan depuis 2007. Leur complicité et leur amitié s’est renforcée lors de la tournée Song Book. Pierre a réalisé le premier titre de Benjamin il y a 25 ans. Le guitariste à l’origine du succès d’ Allumer le feu croise régulièrement depuis plus de 15 ans, au gré de leur collaborations musicales sur scène ou en studio, Johan et Philippe. Tous les trois sont amis et se connaissent très bien. Leurs références musicales communes leur permettent de travailler de manière instinctive, ce qui est particulièrement apprécié par Benjamin.

Créer à l’instinct, le crédo de Benjamin

C’est donc un travail collégial qui a opéré sur la réalisation de cet album. L’enregistrement s’est fait dans une ambiance de camaraderie dans lequel chacun était très attentif aux envies et avis des autres. Tous les quatre discutent beaucoup ensemble des inspirations et des influences musicales à donner à chacun des titres avant l’enregistrement. Ensuite, comme nous l’a confié Johan Dalgaard au téléphone, tout se fait à l’instinct : « L’enregistrement est une sorte d’extension de la discussion qui se poursuit en musique. Benjamin est très attaché à l’instinct et ne fait pratiquement qu’une seule prise. Les quelques « imperfections » qui peuvent y apparaître pour les musiciens sont pour Benjamin la chance de nouveaux choix artistiques audacieux ».

Les guitares font l’harmonie, les synthés modulaires, l’originalité…

Pierre Jaconnelli, co-réalisateur de l’album, en plus d’être un orfèvre de la guitare et de la composition, sait également parfaitement faire le lien entre l’artiste, son entourage et les besoins stratégiques de la maison de disques. Son implication dans la réalisation et la production de l’album permet une plus grande concision de la production et une meilleure homogénéité des compositions.

Johan Dalgaard, grand amateurs des sons électroniques, a fait connaître à Benjamin le synthé modulaire qu’il avait découvert récemment. Cet instrument plaît rapidement beaucoup à l’artiste puisque qu’il implique de construire à chaque fois un son unique. L’instrument est fait de tel sorte que les sons créés sont originaux et non reproductibles. Il n’y a pas de sons pré-enregistrés et une fois débranché, l’instrument « oublie » le son réalisé. Johan Daglaard nous a ainsi confié qu’il est obligé de « sampler » pour Comment est ta peine ? le son de l’enregistrement pour le rejouer sur scène parce qu’il ne peut plus le reproduire en direct à l’identique.

Et les gimmicks, des tubes.

L’association des guitares de Pierre Jaconelli avec les synthés modulaires de Johan Dalgaard, l’ensemble porté par le talent de compositeur de Benjamin Biolay fait des merveilles. 13 chansons, deux titres sortis en promotion, dont l’un au moins – Comment est ta peine ? – est déjà un tube, avec 1 million d’écoutes en streaming. Des tubes dans ce disque il y en aura d’autres, tels Visage Pâle, Comme une voiture volée ou Idéogrammes qui seront chantés en chœur bientôt (oui bientôt!) dans les foules des festivals. On retrouve dans les mélodies les influences électro pop d’Etienne Daho et le rock des Strokes façon Julian Casablancas. Les gimmicks à la guitare ou aux synthés au début des chansons font mouche à chaque fois. Le titre est immédiatement identifiable, la mélodie tourne, rythmée et dansante sur des textes qui le sont souvent bien moins.

Parce que faire danser sur des chansons tristes, comme Joy Division faisait se soulever les foules en interprétant Love will tear us appart, tel est le St Graal de Benjamin Biolay. Alors, dans Où est passée la tendresse ? véritable pépite de l’album, il chante –  »  je rêve d’euthanasie mais je suis trop couard pour le faire / chaque jour ma vie est plus courte que la veille / Je ne suis pas fini mais ce n’est plus du tout pareil « . De la même manière sur le titre Papillon Noir (partagé avec Anaïs Demoustier) – « Je suis le garçon bizarre celui qui n’a rien à voir / Je suis ta vie dans ce qu’elle a de plus dérisoire  » – toujours sur une mélodie rock et dansante. Le pari semble réussi.

Sa route, jusqu’à Interlagos.

L’album Song Book avec Melvil Poupaud et la tournée qui s’en est suivie lors de l’hiver 2018-2019 a été l’occasion, pour Benjamin Biolay, de chanter le répertoire de crooners. Lui qui peut-être par timidité, chantait presque souvent trop bas, a ainsi découvert qu’il était capable d’interpréter ce type de répertoire et d’utiliser cette voix qu’il n’avait jamais osé pousser. Il a aussi compris, comme nous l’a confié Johan Dalgaard, qu’il pouvait « crooner » même sans formation musicale importante (sur Song Book il n’y avait que Melvil Poupaud à la guitare ou à la batterie et Johan aux claviers) pour l’accompagner. Et qu’encore mieux, il lui était agréable de le faire sans jouer lui même d’un instrument, en étant seulement chanteur. De cette voix, il va se servir pour interpréter des textes ciselés à la plume, qui sont parmi les plus personnels qu’il n’ait jamais écrits.

La merveilleuse et très sincère Ma route, écrite justement dans le tourbus de Song Book, en est le plus bel exemple : « J’ai traversé le siècle tel l’enfant d’un autre / Jamais le plus select, pas avare de mes fautes / Hier c’est le printemps, demain c’est le tombeau / Bienheureux ceux qui croient que leur survivent les mots ». Raffinement suprême dans la nostalgie du temps qui passe, on entend sur les dernières mesures du morceau, le son d’un trombone, instrument dont il a joué adolescent, jusqu’à obtenir le 1er prix du conservatoire de musique de Lyon.

Deux autres chansons très personnelles (La roue tourne, avec les chœurs sur les dernières mesures de Chiara Mastroianni et Interlagos interprété avec sa fille) s’intercalent entre d’autres titres plus rocks (Virtual Safety car, presque instrumental, l’entrainant Où est passée la tendresse ? ou Souviens toi l’été dernier en duo avec Keren Ann)

Alors oui, cet album vous l’aimerez. Parce qu’à chaque nouvelle écoute, vous y découvrirez des pépites cachées sous chaque gimmick, dans chaque mesure dansante. Dans ce Grand Prix vous entendrez les virages et les lignes droites, celle de départ comme celle d’arrivée. La vie, l’amour, la mort réinventés version rock et électro-pop dans tout ce qui signe la  » marque Biolay  » : l’élégance, la finesse, le travail, la justesse.

Si Benjamin Biolay a depuis longtemps convaincu la « profession », il lui reste encore à sortir de la case de chanteur plébiscité par les mélomanes – ou élargir le cercle trop restreint encore de ceux ayant su dépasser l’image et les clichées véhiculés dans les médias à une certaine époque – pour conquérir le cœur du grand public. Et, avec ce disque, il pourrait faire mentir son idole, John Lennon, qui disait en parlant du rock français qu’il était « comme le vin anglais » (soit mauvais, comme chacun le sait).

Avec cet album, le vin anglais aurait sûrement eu l’arôme d’un grand cru.

« Vendredi 12 », dernier essai avant le Grand Prix de Benjamin biolay

Illustration Riki Blanco

Des mots courts, une voix de crooner. On imagine une silhouette masculine solitaire, la fumée d’une cigarette, une lumière blafarde. Une scène de cinéma, peut-être celle d’un film en noir et blanc.

J’ai bu la tasse dans la mer noire, où étais- -tu vendredi soir ?

De l’auteur, on devine la recherche de l’euphonie parfaite, une sorte de « J’ai ta main » ou peut être mieux la réminiscence de « Que reste-t-il de nos amours ? » de l’admiré Trénet. Côté composition, contrairement à Comment est ta peine ?, le premier extrait dévoilé précédemment, la mélodie est épurée et accompagne l’ambiance nostalgique du texte.

Monica

Le clip profite de l’ambiance très cinématographique du texte, pour mêler des scènes de deux films réalisés par Franco Giraldi : « Supers Témoins » et « les ordres sont les ordres », chefs d’œuvres du cinéma italien des années 70 avec Monica Vitti comme actrice principale. Vendredi 12 célèbre donc l’éternelle Monica, la blondeur de ses cheveux qui vire au cuivre, la longueur de ses jambes, ses yeux verts et la tristesse de son regard. La mer noire et l’hémisphère sud, l’équation impossible de ce vendredi 12.

« Grand Prix« , par Benjamin Biolay distribué par Polydor, sera disponible en digital et chez tous les bons disquaires le vendredi 26 juin.

« ON est là, autant s’aimer »

Guillaume grand aime trop les gens, et nous, on aime Guillaume Grand.

« Toi et moi » ne vous dit rien ? Si vous êtes passés à coté de ce single entêtant de l’année 2010, vous n’avez peut être pas loupé la reprise qu’en a fait la jeune et talentueuse Maelle aux auditions du télécrochet The Voice il y a 2 ans. Ou alors sa reprise lors du spectacle le Bal des Enfoirés en 2012, par Patrick Bruel, Christophe Maé, Elsa et Liane Foly. Ce titre s’est imposé comme un tube dès sa sortie et a propulsé le jeune Guillaume Grand, auteur compositeur et interprète, sur le devant de la scène française.

Toi et Moi, Guillaume Grand, Source et Caetera / Paris 1900

Alors après le succès du premier album « L’amour est laid » et accueil plus mitigé du second opus « Il parait » en 2014, Guillaume Grand a mis le large. Il a mis les voiles et a navigué au gré de ses envies et de ses émotions, en se laissant le temps pour écrire. Il nous revient enfin avec « J’aime trop les gens », un texte et une musique aussi bien ciselé que l’était « Toi et moi » et dont la mélodie et le refrain restent immédiatement dans la tête dès la première écoute.

Le titre est produit par Muséum production, le label indépendant du chanteur et porté par la prestigieuse maison Polydor, avec laquelle Guillaume a signé un nouveau partenariat en ce début d’année.

Un partenariat prometteur pour le succès, on l’espère du prochain album,qui devrait paraître d’ici la fin de l’année.

J’aime trop les gens, Guillaume Grand, 2020, Museum Production.

Entre Steve McQueen et Pink Floyd, Benjamin Biolay en pôle position sur le Grand Prix de la chanson française à textes.

A minuit vendredi, a été mis en ligne sur toutes les plateformes de streaming « Comment va ta peine » le premier extrait de Grand Prix, le nouvel album de Benjamin Biolay chez Polydor, dont la sortie est prévue le 26 juin.

Alors oui, ça y est, Benjamin revient. Avec un album concept, cela va de soit. « Un petit film » de plusieurs dizaines de minutes dans lequel en 13 scènes, (soit autant de chansons) le chanteur déclinera en musique les thèmes de la course automobile et ses aléas : la route, les voyages, la victoire et la défaite, la vie et la mort. Cet album est d’ailleurs dédié au pilote Jules Bianchi mort en 2015 après un accident sur le circuit du Japon.

Entre Steve Mac Queen et Pink Floyd

Telle une affiche de film, la photo de Mathieu César pour pochette de l’album montre le chanteur en combinaison de coureur, assis devant une Matra de la fin des années 60. En arrière plan, un homme portant une combinaison en feu courre derrière une Mercedes. Pink Floyd et Steve McQueen. La pochette de Wish you were here avec l’homme en feu symbolisant l’absence de Syd Barrett, le bassiste historique du groupe. La Mustang du film Bullit avec laquelle Steve McQueen livre une course poursuite dans les rues de San Francisco. Le rock et la course. La vitesse et (ou ?) la vie.

Alors avec tout ça, qu’attendre, supposer surtout jusqu’au 26 juin, du nouvel album du boss de la chanson française ?

En pole position dès le tour de chauffe

Le premier titre, tel le tour de chauffe, laisse présager les plus belles choses. Comment va ta peine a tout d’un tube. Le synthé pop de Julian Casablancas et des Strokes, l’électro planant de Daho et les violons de La Superbe. Mais du Biolay dans le texte avec un groupe tout autour : Johan Dalgaard aux claviers, Pierre Jaconelli aux guitares (aussi co- réalisateur de l’album) et Philippe Entressangle aux percussions.

Alors avant mêmes les « essais » du 15 mai – la sortie du 2e extrait sur les plateformes-, on peut d’ores et déjà espérer la pôle position pour un album qui s’annonce comme l’un des plus réussis du chanteur caladois.

Benjamin Biolay : Le master chef de la chanson française revient !

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En pôle position sur la grille de départ, Benjamin Biolay sort un nouvel album « Grand Prix » le 6 juin 2020 !

C’est le 5 février que le chanteur a annoncé la bonne nouvelle sur Instagram suscitant l’engouement de ses fans et le notre par la même occasion.

« Dire que J’ai le trac est un euphémisme » – Benjamin Biolay

3 ans après la sortie du sublime « Volver » venu ennoblir son panthéon musical avec notamment « La Mémoire » que l’on n’a pas envie d’oublier, Benjamin Biolay s’était offert une intersaison avec Songbook en 2018 aux côtés de Melvil Poupaud et Johan Dalgaard. Une itinérance musicale à la triple croche harmonieuse, confirmant que Benjamin Biolay est toujours là où on ne l’attend pas.

 

Elle est peut-être là sa signature, donner des rendez-vous musicaux en enrôlant la courbe, surprenant tout le monde à la sortie du virage.
« Pluie de guitare » annoncée par le chanteur lui-même après le son Argentin de « Palermo Hollywood », sans oublier le très Fitzgeraldien « La Superbe » les deux récompensés aux Victoires de la musique.

« Grand Prix » est dors et déjà l’un des albums les plus attendus de cette année 2020.

 

BB pilote les mots et signe là une de ses meilleures arrivées.

Pomme : De ses Failles nous vient la lumière.

J’ai croisé Claire Pommet qui s’appelait déjà Pomme, la première fois sur un festival du beaujolais, dans ces monts lyonnais qui l’ont vu grandir. Je l’avais croisée alors sans la voir, obsédée que j’étais d’en photographier un autre. Il y a quelques semaines, à l’écoute du premier couplet de Je ne sais pas danser, j’ai eu honte d’être passée à côté de cette fille si sage dans sa coquille, si sage et si talentueuse.

There is a crack in everything….

Les Failles, co-réalisé avec Albin de la Simone, est son deuxième album. Pomme a 23 ans, la légèreté de sa jeunesse et la fragilité de son écriture. Elle chante dans ce deuxième album, ces aspérités de nous mêmes qui nous rendent différents, qui nous font voir le monde complexe dans le miroir des autres.

Mais de ces failles, elle veut en faire, comme le chantait Léonard Cohen, une brèche, « par laquelle vient la lumière ». De cette faiblesse des apparences « Je ne sais pas danser », de la mémoire « La lumière », du genre amoureux « Grandiose », du temps « Les Séquoias », elle veut faire des forces pour s’ancrer dans « l’héritage » que la vie lui a donné.

That’s how the light gets in

Pour personnifier cette fragilité jusque dans l’écoute, Pomme a voulu que les titres soient enregistrés « live ». Elle joue elle-même la musique en même temps qu’elle chante, comme lorsque qu’adolescente elle enregistrait des vidéos de ses compositions sur YouTube. Il en ressort des imperfections inhérentes à l’enregistrement live, avec ses légères faussetés, qui loin de nuire aux chansons, les rendent plus humaines et plus sensibles.

« Je n’écoute que Pomme et Stromae » (Billie Eilish)

Pomme et la jeune américaine qui affole les charts d’outre manche, se sont rencontrées à l’occasion d’un showcase organisé par leur maison de disque commune, Polydor. Pomme se dit admirative Billie Eilish, de son succès insolent, comme de de sa capacité à casser les codes, à chanter des textes d’un noir profond, coiffée avec des cheveux bicolores et vêtue de baggys quand ses consœurs du hit parade défilent en mini jupe et talons hauts. Grâce à elle, Pomme se sent plus libre de faire de la musique, sa musique. Pour lui rendre hommage, la chanteuse lyonnaise reprendra en acoustique à l’autoharpe dans une adaptation française écrite par elle-même, Bad Guy, le succès incontesté de la chanteuse californienne. Et la star aux cheveux bicolores le lui rend bien. Elle suit le travail de notre artiste hexagonale et est fan de sa voix comme de ses chansons. Elle avouera même en interview cette phrase qui a rendu jaloux bon nombre de song-writers francophones « Je n’écoute que Pomme et Stromae ».

Cette phrase.

Des failles jaillissent déjà la lumière.