One world, one voice, un show international caritatif historique

Cette nuit était diffusé – via les plateformes de streaming en France – « One world together at home » le concert international et solidaire réunissant des artistes principalement américains mais aussi européens avec la présence remarquée d’Angèle, de Christine and the Queens ou de Zucchero. Ce « Giant TV show » est présenté par Jimmy Fallon (NBC), Jimmy Kimmel (ABC) Stephen Colbert (CBS), réunissant ainsi les trois principaux canaux de diffusion de télévision historique américains.

One World,

Le programme a pour vocation, en plus de la diffusion de live des artistes depuis leur domicile, de faire mettre en lumière et partager l’expérience dans les hôpitaux et sur le terrain des médecins et personnels soignants du monde entier. Un appel aux donc pour le Fonds pour la recherche médicale sur le covid 19 est régulièrement effectué. Les fonds récoltés seront également utilisés pour venir en aide à ceux qui sont les plus démunis face à la crise actuelle.

Together … (#Athome)

Des reportages issus des télévisions du monde entier entrecoupent les prestations des artistes. On a pu ainsi découvrir comment l’organisation internationale Mercy Corps en Jordanie vient en aide aux réfugiés syriens atteints du coronavirus, ou découvrir un extrait d’une édition locale de France 3 montrant deux guitaristes français chantant « Le petit bal perdu » (à 4:55 h) de Bourvil devant une maison de retraite à Tulle (!!) pour tenter de rompre la solitude des personnes âgées.

Les intervenants de tous horizons qui s’exprimeront (le secrétaire des Nations Unies Antonio Guterres, les anciennes premières dames Laura Bush et Michelle Obama, Mélinda et Bill Gates célébreront à tour de rôle de manière unanime les médecins, les chercheurs et tout le personnel soignant. Ils ont aussi exprimé leur gratitude aux chercheurs qui travaillent dans le monde entier pour mettre au point un vaccin qui permettra d’éradiquer la maladie.

we can win this fight

A contre courant des récentes interventions du Président Trump, tous ont rappelé l’importance de rester chez soi pour éviter la propagation rapide du virus. Paul McCartney a appelé à célébrer les « vrais héros du monde » et a appelé les dirigeants du monde entier à prendre la mesure de la gravité de cette crise et d’agir unanimement pour que cela ne se reproduise plus.

La soirée a aussi mis en lumière les petits gestes de chacun des « citoyens du monde » : les couturières qui fabriquent des masques, les caissières, les policiers et l’ensemble des services publics qui chacun, comme les artistes, permettent d’adoucir et de préserver la continuité de notre monde mis en pause.

Les artistes que nous avons aimés :

  • 2:52:00 – Chris and the Queens : People have been sad
  • 3:00:00 – Zucchero : Everybody’s gotta learn sometime
  • 3:30:30 – Finneas : Let’s fall in love for the night
  • 3:36:00 – The Killers : Caution
  • 4:06:32 – Chris and The Queens : Moutains (We met)
  • 4:59:00 – Hozier : (Ireland) Take me to church
  • 5:06:20 – Angèle : Balance ton Quoi
  • 6:02:00 – Lady Gaga : Smile
  • 6:06:00 – Stevie Wonder : Lean on me / Love’s in need of love today
  • 6:10:46 – Paul MacCartney : Lady Madonna
  • 6:23:10 – Elton John : I’m still standing
  • 6:56:00 – Les Rolling Stones : You can’t always get what you want
  • 7:21:00 – Jennifer Lopez : People
  • 7:29:30 – John Legend et Sam Smith : Stand by me
  • 7:45:27 – Billie Eilish and Finneas : Sunny
  • 7:51:39 – Taylor Swift :Soon you get better
  • 7:57:00 – Céline Dion, Lady Gaga, Andréa Bocelli, John Legend accompagnés au piano par Lang Lang : The Prayer

Wake up from your sleep, take a deep breath and… Listen to… ASAF AVIDAN, LIVE #ATHOME

Je l’ai photographié pour la première fois à la Cigale. J’y suis allée sans le connaître. J’ai un ami qui était fan et me suppliait régulièrement d’écouter son dernier album ou du moins, le concert diffusé sur un podcast de France Inter. Je n’avais fait ni l’un ni l’autre… mais l’occasion se présentant, me voici donc, invitée et avec mon appareil photo, à son concert à la Cigale un soir de l’hiver 2018.

Quand on est photographe de concert, on a généralement le droit de photographier l’artiste pendant les trois premiers titres du concert seulement. Après, comme on est invité, parce qu’on a parfois un article à écrire, et surtout pour ma part, par respect pour les gens qui ont, eux, payé leur place, on reste. Il avait joué les trois premiers titres assis seul devant la scène avec sa guitare. Lorsqu’on photographie, on regarde plus qu’on écoute. Alors, après avoir rangé l’appareil photo, je me suis assise dans un coin, et j’ai commencé à écouter.

Je me suis dit que ça allait être long…

Et il était toujours en guitare voix, avec cette intonation si spéciale que je n’avais jamais entendue auparavant. Ça faisait un peu camp scout. Je me suis même dit que si ça continuait comme ça, ça allait être long. Que j’avais les photos à développer, l’article à écrire, et qu’il allait être tard. Mais j’étais invitée. Alors je suis restée.

Et puis, il s’est animé. Il avait à ses pieds des percussions accrochées à ses chevilles, il enregistrait les sons de différents instruments (guitare, percussions, voix) sur des boucles qu’il maîtrisait avec des pédales. Plus la chanson avançait, plus les boucles se supperposaient, plus on avait l’impression d’être face à un orchestre, alors que le type était toujours tout seul. J’étais captivée, fascinée. Ce qu’il faisait était inédit (au moins pour moi!). Il est l’originalité et la création à part entière. Je n’ai jamais oublié ce que j’avais ressenti ce soir là.

Bang Bang, Le titre en question !

#StayHome (ON YOUTUBE), and hang (with him)

Alors après, comment le rater ? Asaf Avidan jouait pour la 2ème fois en live depuis son canapé dimanche dernier. Le concert à voir absolument en période de confinement !

Des anciennes chansons et des inédites du prochain album

Pendant presque une heure, il a joué (performé serait plus juste) des titres de ses anciens albums, parmi lesquels Maybe you are et A Ghost before the wall issus de The Reckonning, sorti en 2008, ainsi que et le très live Bang Bang dont je vous parlais plus haut – paru sur l’album Gold Shadows (2015). Le confinement l’empêchant de poursuivre l’enregistrement de son prochain album en Israël, il en a profité pour en dévoiler des titres : Anagnorisis, No word -déjà chanté lors de la précédente session live – et Indifférent Skies.

« Nous courrons tous vers un point de non retour, alors continuons à chanter comme si demain n’existait pas » – Earth Odyssey

Entre deux chansons – et quelques gorgées de bières – il a répondu en direct aux questions des spectateurs.

Des annonces de prochaines aventures …

Il a révélé, comme on s’y attendait, que tous les festivals cet été sont (seront) annulés, et que, pour d’autres raisons, il ne pourra pas non plus chanter à la rentrée. Malheureusement, il n’y a plus aucune date de concert prévue et lui même ne sait pas quand (mais on espère au plus vite !) il pourra revenir sur scène. Mais entre temps, bonne nouvelle, son album devrait sortir en septembre… si tout va bien (l’industrie du disque étant comme les autres très touchée par la crise actuelle, aucune sortie n’est assurée selon lui).

… sur Le périple de la Terre.

En début de concert et avant de chanter les chansons de cet album à venir, il a interprété sa nouvelle (et magnifique) chanson inspirée par le confinement : Earth Odyssey. Le titre, sorti en digital est accompagné d’un clip dans lequel on voit des danseurs professionnels confinés chez eux qui dansent sur ce titre particulièrement fort et emblématique de notre situation actuelle. Il l’a joué seul à la guitare, et aux percussions, celles ci étant jouées comme à son habitude accrochées à ses chevilles.

Une pépite inattendue

Il a terminé sur deux reprises, celle de Ballade of a Thin Man de Bob Dylan, qui est une de ses références, et une autre particulièrement inattendue  de sa part : When the party is over de Billie Eilish. Il a expliqué avant de chanter, et pour répondre à une question des spectateurs sur ses « inspirations », que certaines chansons étaient particulièrement inspirantes pour lui, dont celle-ci qu’il adore, particulièrement (et probablement uniquement…) de la jeune chanteuse américaine (à 45:07mn de la vidéo ci dessous)

Ce soir j’ai à nouveau 17 ans (les BB Brunes à lyon)

On est moins de 1000, pourtant on est tous serrés devant la scène du Ninkasi. Dehors, on parle d’un certain virus, mais ce soir, tous ici l’ont oublié.

Je porte ma veste en cuir autour de la taille, mon jean déchiré, mon bandana rouge autour du poignet et ma frange en désordre. Ce soir, devant Adrien, Félix et son groupe, j’ai de nouveau 17 ans. 

Ce soir j’ai à nouveau 17 ans et je redécouvre de nouveau ce trio que j’ai tellement, tellement écouté. Les paroles de « Blonde comme moi », je m’en souviens comme si c’était hier. Celles de « Dis moi »,  « J’écoute les Cramps » ou encore « Le Gang »  me reviennent presque comme un réflexe dès que Félix en entame le premiers accord de guitare. 


Ce soir, j’ai à nouveau 17 ans, et je me laisse envahir par la légèreté de cette époque. Celle de « Nico Teen Love » et de son chanteur roublard à la voix rocailleuse.

Ce soir j’ai à nouveau 17 ans et je me déhanche sur le rythme de leurs dernières chansons « Habibi », « Total Cuir », « Lou », « Jungle ».  Ce nouvel album fait du bien. Avec « Visages« , les BB Brunes sont revenus à l’essence de ce qui les a construit. Un groupe de rock qui appelle au lâcher prise et à la simplicité des guitares. Les BB Brunes comme on les aime. Comme on les attendait.

Alors ce soir me reviennent avec bonheur les souvenirs d’une époque que j’avais oubliée, celle de l’insouciance.

Il faudrait pouvoir rester dans cette « stéréo » solaire peut importe où nous sommes.  Même « Rue de Bucci » et sans porter plainte pour « Coups et Blessures ». Parce qu’elle est là, la magie des BB Brunes, celle qui nous ramène de ce que l’on a été à ce que l’on est… et peu importe où l’on sera dans 10 ans, tant que leur musique continuera de nous porter, nous serons là.  

Just wait… and see : Nada Surf au Transbordeur

La tournée internationale de Nada Surf avec John Vanderslice faisaient étape hier au soir à Lyon . John Vanderslice ouvrait pour les new yorkais venus présenter les titres de leur nouvel album, Never not Together (voir notre précédente chronique ici).

Just wait…

C’est l’américain natif de Floride John Vanderslice qui avait l’honneur d’ouvrir la soirée. Venu pour présenter son album The Cedars, il a été soutenu par Matthew Caws, le leader de Nada Surf qui l’a rejoint pour chanter avec lui sur un titre. Plus tard, c’est le batteur du groupe qui viendra l’accompagner sur une autre chanson de son répertoire . Que le groupe vedette de la soirée, aux millions de disques vendus et à la carrière internationale vienne épauler l’inconnu de la première partie, voilà qui est original et ne manque pas de générosité. La soirée s’annonce belle et chaleureuse.

We’ve got something to lose…

Nada Surf entre alors en scène et ouvre son set avec So much Love, le titre phare de leur nouvel opus, et enchaîne sur Hi-Speed Soul, un des tubes de Let go, l’album sorti en 2002. Entre les titres, dans un français impeccable (Matthew Caws et Daniel Lorca ont fréquenté le lycée français de New-York avant de poursuivre des études en France et en Belgique), Matthew rappelle justement que le groupe vient jouer ici depuis 11 ans, l’âge du fils d’un de leur plus fidèle fan, présent à tous les concerts de Nada Surf dans la capitale des Gaulles.

Transporté par le succès de High/Low, leur EP sorti en 1996, Nada Surf avait rapidement assuré son succès sur la scène internationale. Le succès du groupe était alors porté par l’excellent et novateur titre Popular, qui contenait une partie parlée ou plutôt rappée, faite par un chanteur – Matthew Caws – d’un groupe de rock, Nada Surf. La modernité éclatante dont les new yorkais avaient fait preuve dans l’écriture, la composition et les arrangements de cet album, avait alors éclaboussée toute la scène rock et pop internationale. De High/Low à Never not together sorti l’année dernière, Nada Surf n’a jamais faillit dans sa capacité d’innovation musicale, dans sa capacité surtout d’être toujours dans le vent des émotions du temps, sans tomber sans la facilité, et d’être les porte-parole musicaux de nos préoccupations intimes.

Slown down and see where it goes

Durant la soirée, le band new-yorkais alternera avec succès entre anciens et nouveaux titres. D’abord réservé au début, le public s’est rapidement réchauffé et a accompagné le groupe porté par Mathhew Caws, dont la générosité et la gentillesse ne s’est pas démentie. Après avoir enchaîné en rappel le sublime Just Wait et le rassembleur Blankest Year, le chanteur a tenu la boutique de merchandising en signant et discutant avec tous les fans qui ont été nombreux à faire la queue pour partager un moment avec lui.

Dans ce monde en constantes mutations, où les dangers climatiques, sanitaires… menacent sans cesse de nous tomber sur la tête, Nada Surf offre une parenthèse rassurante sur la nature humaine, quelque chose de généreux, de chaleureux, d’humain en somme qui nous aide à continuer à espérer dans le monde de demain… du moins tant qu’il y restera Matthew, Daniel et leur band.

Il y a ces amoureux qui se serrent…

Il y a un chanteur sur scène et les accords de Foule Sentimentale sur la guitare de Michel -Yves Kochman

Il y a un chanteur sur scène, un violoncelle et un piano droit sur lequel il joue les accords de On s’cache des choses

Il y a ses mains jointes dans le noir, il y a ce visage recueilli quand il dit « Et si en plus y’a personne »

Il y a 30 ans de musiques, trente années de nos vies couchées sur du papier et souvent aussi sur les notes de Laurent Voulzy

Il y a les disques d’or et les Victoires, et aussi Charles et Pierre,

Il y a écrit au feutre noir les mots « un cheval » sur un poster accroché au mur,

Il y a ces amoureux qui se serrent,

et Alain Souchon sur la scène du Zénith de St Etienne.

Izia : l’énergie en partage

Souvent, je photographie un concert comme je regarde l’artiste. J’essaie de voir à travers. A travers les regards du public sur l’artiste, à travers l’image que l’artiste me renvoie.

Alors je regarde le spectacle, je regarde les gens, et je rentre chez moi. Le trajet est long, j’ai le temps d’y penser, de repenser à chaque moment où j’ai vu une étincelle briller plus fort que l’autre, et dans cette étincelle, plonger, se souvenir, chercher l’émotion que cette étincelle a déclenché en moi, ou celle que j’ai cru déceler chez les autres. Regarder Bastien, Julia, Nicolas et Fonio, ses musiciens entretenir cette lumière. Et puis je développe les photos. Je les regarde surtout. On apprend beaucoup des images, elles disent souvent des choses que l’on transmet à l’insu de nous.

Sereine Citadelle

Et les images d’Izia sont des images sinon fortes, du moins, elles sont celles qui inspirent de l’énergie. L’énergie, cette énergie folle qu’il y avait sur scène ce soir, celle qu’elle impulse à son public à chacun de ses concerts. Oui Izia est forte. Elle a des faiblesses bien sûr, mais elles ne sont pas de celles qui pèsent. Elles sont des poids sur lesquels elle s’appuie pour monter plus haut. De cet album, de ce concert, il y a une lumière, une force familiale qui fédère et soutien. On se sent protégé, comme quand, en famille ou entre amis, on se sent entourés, peut-être menacés mais sécurisés. Comme à l’intérieur des remparts d’une citadelle. Celle de Calvi ou d’ailleurs, celle des bras de Jacques, celle qui a donné le nom de cet album, celle de St Etienne, peut importe, elle est là où Izia la chante. Simplement.