Un « Grand Prix » rock à l’arôme d’un grand cru

Fans impatients et fébriles, vous allez écouter cet album dès sa sortie, le 26 juin. D’un trait. Et à la fin, vous serez peut-être déçus. Vous direz peut-être même que vous n’y comprenez rien, que ça ne ressemble pas à Biolay. Mais, parce que c’est Biolay et que ça ne peut pas être mauvais, vous écouterez encore et encore (spoiler : vous aimerez!). Effectivement, Grand Prix ne ressemble à aucun autre album de Benjamin Biolay. Ce qui est en soi un pléonasme : Benjamin Biolay, comme Alain Bashung avant lui, ou comme actuellement Damon Albarn et Julian Casablancas, est un auteur compositeur qui casse systématiquement le jouet qui a fait son succès précédent. Autre album concept (la course automobile), autres sons, et une équipe musicale façon rock band.

Un rock band sur la piste de course

Celle qui a permis l’enregistrement de cet album s’est formée après Song Book, avec Johan Dalgaard (claviers), Pierre Jaconnelli (guitares) et Philippe Entressangle (percussions). Benjamin connaît Johan depuis 2007. Leur complicité et leur amitié s’est renforcée lors de la tournée Song Book. Pierre a réalisé le premier titre de Benjamin il y a 25 ans. Le guitariste à l’origine du succès d’ Allumer le feu croise régulièrement depuis plus de 15 ans, au gré de leur collaborations musicales sur scène ou en studio, Johan et Philippe. Tous les trois sont amis et se connaissent très bien. Leurs références musicales communes leur permettent de travailler de manière instinctive, ce qui est particulièrement apprécié par Benjamin.

Créer à l’instinct, le crédo de Benjamin

C’est donc un travail collégial qui a opéré sur la réalisation de cet album. L’enregistrement s’est fait dans une ambiance de camaraderie dans lequel chacun était très attentif aux envies et avis des autres. Tous les quatre discutent beaucoup ensemble des inspirations et des influences musicales à donner à chacun des titres avant l’enregistrement. Ensuite, comme nous l’a confié Johan Dalgaard au téléphone, tout se fait à l’instinct : « L’enregistrement est une sorte d’extension de la discussion qui se poursuit en musique. Benjamin est très attaché à l’instinct et ne fait pratiquement qu’une seule prise. Les quelques « imperfections » qui peuvent y apparaître pour les musiciens sont pour Benjamin la chance de nouveaux choix artistiques audacieux ».

Les guitares font l’harmonie, les synthés modulaires, l’originalité…

Pierre Jaconnelli, co-réalisateur de l’album, en plus d’être un orfèvre de la guitare et de la composition, sait également parfaitement faire le lien entre l’artiste, son entourage et les besoins stratégiques de la maison de disques. Son implication dans la réalisation et la production de l’album permet une plus grande concision de la production et une meilleure homogénéité des compositions.

Johan Dalgaard, grand amateurs des sons électroniques, a fait connaître à Benjamin le synthé modulaire qu’il avait découvert récemment. Cet instrument plaît rapidement beaucoup à l’artiste puisque qu’il implique de construire à chaque fois un son unique. L’instrument est fait de tel sorte que les sons créés sont originaux et non reproductibles. Il n’y a pas de sons pré-enregistrés et une fois débranché, l’instrument « oublie » le son réalisé. Johan Daglaard nous a ainsi confié qu’il est obligé de « sampler » pour Comment est ta peine ? le son de l’enregistrement pour le rejouer sur scène parce qu’il ne peut plus le reproduire en direct à l’identique.

Et les gimmicks, des tubes.

L’association des guitares de Pierre Jaconelli avec les synthés modulaires de Johan Dalgaard, l’ensemble porté par le talent de compositeur de Benjamin Biolay fait des merveilles. 13 chansons, deux titres sortis en promotion, dont l’un au moins – Comment est ta peine ? – est déjà un tube, avec 1 million d’écoutes en streaming. Des tubes dans ce disque il y en aura d’autres, tels Visage Pâle, Comme une voiture volée ou Idéogrammes qui seront chantés en chœur bientôt (oui bientôt!) dans les foules des festivals. On retrouve dans les mélodies les influences électro pop d’Etienne Daho et le rock des Strokes façon Julian Casablancas. Les gimmicks à la guitare ou aux synthés au début des chansons font mouche à chaque fois. Le titre est immédiatement identifiable, la mélodie tourne, rythmée et dansante sur des textes qui le sont souvent bien moins.

Parce que faire danser sur des chansons tristes, comme Joy Division faisait se soulever les foules en interprétant Love will tear us appart, tel est le St Graal de Benjamin Biolay. Alors, dans Où est passée la tendresse ? véritable pépite de l’album, il chante –  »  je rêve d’euthanasie mais je suis trop couard pour le faire / chaque jour ma vie est plus courte que la veille / Je ne suis pas fini mais ce n’est plus du tout pareil « . De la même manière sur le titre Papillon Noir (partagé avec Anaïs Demoustier) – « Je suis le garçon bizarre celui qui n’a rien à voir / Je suis ta vie dans ce qu’elle a de plus dérisoire  » – toujours sur une mélodie rock et dansante. Le pari semble réussi.

Sa route, jusqu’à Interlagos.

L’album Song Book avec Melvil Poupaud et la tournée qui s’en est suivie lors de l’hiver 2018-2019 a été l’occasion, pour Benjamin Biolay, de chanter le répertoire de crooners. Lui qui peut-être par timidité, chantait presque souvent trop bas, a ainsi découvert qu’il était capable d’interpréter ce type de répertoire et d’utiliser cette voix qu’il n’avait jamais osé pousser. Il a aussi compris, comme nous l’a confié Johan Dalgaard, qu’il pouvait « crooner » même sans formation musicale importante (sur Song Book il n’y avait que Melvil Poupaud à la guitare ou à la batterie et Johan aux claviers) pour l’accompagner. Et qu’encore mieux, il lui était agréable de le faire sans jouer lui même d’un instrument, en étant seulement chanteur. De cette voix, il va se servir pour interpréter des textes ciselés à la plume, qui sont parmi les plus personnels qu’il n’ait jamais écrits.

La merveilleuse et très sincère Ma route, écrite justement dans le tourbus de Song Book, en est le plus bel exemple : « J’ai traversé le siècle tel l’enfant d’un autre / Jamais le plus select, pas avare de mes fautes / Hier c’est le printemps, demain c’est le tombeau / Bienheureux ceux qui croient que leur survivent les mots ». Raffinement suprême dans la nostalgie du temps qui passe, on entend sur les dernières mesures du morceau, le son d’un trombone, instrument dont il a joué adolescent, jusqu’à obtenir le 1er prix du conservatoire de musique de Lyon.

Deux autres chansons très personnelles (La roue tourne, avec les chœurs sur les dernières mesures de Chiara Mastroianni et Interlagos interprété avec sa fille) s’intercalent entre d’autres titres plus rocks (Virtual Safety car, presque instrumental, l’entrainant Où est passée la tendresse ? ou Souviens toi l’été dernier en duo avec Keren Ann)

Alors oui, cet album vous l’aimerez. Parce qu’à chaque nouvelle écoute, vous y découvrirez des pépites cachées sous chaque gimmick, dans chaque mesure dansante. Dans ce Grand Prix vous entendrez les virages et les lignes droites, celle de départ comme celle d’arrivée. La vie, l’amour, la mort réinventés version rock et électro-pop dans tout ce qui signe la  » marque Biolay  » : l’élégance, la finesse, le travail, la justesse.

Si Benjamin Biolay a depuis longtemps convaincu la « profession », il lui reste encore à sortir de la case de chanteur plébiscité par les mélomanes – ou élargir le cercle trop restreint encore de ceux ayant su dépasser l’image et les clichées véhiculés dans les médias à une certaine époque – pour conquérir le cœur du grand public. Et, avec ce disque, il pourrait faire mentir son idole, John Lennon, qui disait en parlant du rock français qu’il était « comme le vin anglais » (soit mauvais, comme chacun le sait).

Avec cet album, le vin anglais aurait sûrement eu l’arôme d’un grand cru.

Souchon, ici et là, comme du cinéma

Alain Souchon à Saint Etienne, @elsaschulhof

Le merveilleux Alain Souchon a fait paraître la non moins aussi merveilleuse chanson Ici et là, issu de son album Âmes Fifties sorti l’année dernière et sacré album de l’année aux dernières Victoires de la musique.

Depuis C’est déjà ça ….

Alain Souchon, marcheur infatigable et arpenteur régulier des rues Paris, s’inspire de ses ballades autant contemplatives que nécessaires pour créer ses chansons. Il a ainsi toujours écrit des textes modernes, qui racontent la société telle qu’elle est et telle qu’elle évolue. De manière très cinématographique avec C’est déjà ça, (dans l’album du même nom), il nous décrivait dans ce monde du début des années 90, cette femme venue du Soudan, errant rue de Belleville, à Paris, cette belle ville, loin de son pays dans lequel « pour un air démocratique on t’casse les dents ».

à Ici et là

30 ans plus tard autre lieu, autre constat, autre ambiance cinématographique mais une même modernité dans l’écriture de Ici et là, dans lequel on imagine un Souchon, qui, tel un personnage de Sempé (comme aime à le décrire son fils Pierre), regarde le monde depuis sa fenêtre imaginant les destins croisés d’un monde qui « grimpe à Hypokhâgne » d’un coté et « tourne dans la ZUP » de l’autre, les deux séparés par ces « 40 mètres de goudron » de périphérique.

Alain reprendra la route on l’espère, dès le 5 septembre prochain. Un concert à ne pas manquer durant lequel la musique se mêle très souvent à l’émotion, et où toutes les générations se retrouvent.

Jazzy mais « Frenchy » avant tout, Thomas Dutronc

Pochette de l’album « Frenchy », de Thomas Dutronc.

Thomas Dutronc revient avec « Frenchy », un album de reprises des plus grands standards français et internationaux. Un album de reprises de plus, comme il en existe tant ? Cela serait mal connaitre Thomas Dutronc. Ce qu’il nous propose avec ce nouvel album n’a rien de banal.

Frenchy façon crooner de jazz

L’artiste s’est entouré des plus grands musiciens du jazz actuel (Rocky Gressey à la guitare, Eric Legnini au piano, Denis Benarrosh à la batterie et Thomas Bramerie à la contrebasse) pour réécrire à sa façon les chefs d’oeuvres devenus institutions tant ils ont marqué leur époque et traversé les générations. La voix chaude et ronde est mixée très en avant, les instruments omniprésents. Tout est travaillé pour ne laisser à l’écoute que l’émotion de la voix posée sur une instrumentalisation épurée au service du texte.

Les titres sont chantés en français (La mer, Un homme et une femme, la vie en rose) ou mêlent l’anglais et le français au gré d’un duo sur le magnifique If you go away (Ne me quitte pasJacques Brel) interprété avec Haley Reinhardt, véritable coup de cœur de l’album tant l’émotion est brute et l’interprétation parfaite. 

un siècle de titres mythiques

Le Jazz s’impose sur la reprise en trio de « C’est si bon » partagé avec Iggy Pop et Diana Krall. Le cinéma également avec l’inoubliable Un Homme et une femme, la bande son des amoureux dans le film de Claude Lelouch. Mais le Jazz Manouche surtout, celui de Djando Reinhardt qui a tant compté dans la vie d’artiste du fils de l’homme aux cactus est présent avec les intemporels All for you ou Minor Swing.

On espère que Thomas pourra nous faire partager cet album et surement aussi d’autres titres de sa carrière, dans une tournée l’année prochaine.

« Vendredi 12 », dernier essai avant le Grand Prix de Benjamin biolay

Illustration Riki Blanco

Des mots courts, une voix de crooner. On imagine une silhouette masculine solitaire, la fumée d’une cigarette, une lumière blafarde. Une scène de cinéma, peut-être celle d’un film en noir et blanc.

J’ai bu la tasse dans la mer noire, où étais- -tu vendredi soir ?

De l’auteur, on devine la recherche de l’euphonie parfaite, une sorte de « J’ai ta main » ou peut être mieux la réminiscence de « Que reste-t-il de nos amours ? » de l’admiré Trénet. Côté composition, contrairement à Comment est ta peine ?, le premier extrait dévoilé précédemment, la mélodie est épurée et accompagne l’ambiance nostalgique du texte.

Monica

Le clip profite de l’ambiance très cinématographique du texte, pour mêler des scènes de deux films réalisés par Franco Giraldi : « Supers Témoins » et « les ordres sont les ordres », chefs d’œuvres du cinéma italien des années 70 avec Monica Vitti comme actrice principale. Vendredi 12 célèbre donc l’éternelle Monica, la blondeur de ses cheveux qui vire au cuivre, la longueur de ses jambes, ses yeux verts et la tristesse de son regard. La mer noire et l’hémisphère sud, l’équation impossible de ce vendredi 12.

« Grand Prix« , par Benjamin Biolay distribué par Polydor, sera disponible en digital et chez tous les bons disquaires le vendredi 26 juin.

Vianney est … là !

Si certains ont fait du confinement une scène ouverte sur leur salon, d’autres ont continué à préparer leurs albums à venir.

Vianney, après deux premiers albums (Idées blanches et Vianney, sortis la même année) et la longue tournée qui en a suivi s’était mis en retrait des réseaux sociaux. Mais des réseaux sociaux seulement, pas de gens ni surtout de son public. Et durant cette pause digitale, il a écrit les chansons de son prochain album. Le premier extrait paru le 7 mai (à 7h!) intitulé « N’attendons pas » est un hymne à la vie, celle qui nous fait suivre nos passions pour ne jamais rien regretter? celle surtout où l’on a pas peur, ni de l’autre ni de l’avenir.

Le clip – minimaliste pour cause de confinement – réalisé à partir de dessins de l’artiste, a rapidement atteint le million de vues sur Youtube à peine 2 semaines après sa mise en ligne.

L’album édité chez Tôt ou tard, le label de l’artiste depuis ses débuts, est prévu pour la rentrée de septembre. On espère pouvoir rapidement retrouver Vianney sur scène, seul avec sa guitare comme il l’avait fait sur la précédente tournée ou plus accompagné qui sait ? En tous cas, on a hâte !

« ON est là, autant s’aimer »

Guillaume grand aime trop les gens, et nous, on aime Guillaume Grand.

« Toi et moi » ne vous dit rien ? Si vous êtes passés à coté de ce single entêtant de l’année 2010, vous n’avez peut être pas loupé la reprise qu’en a fait la jeune et talentueuse Maelle aux auditions du télécrochet The Voice il y a 2 ans. Ou alors sa reprise lors du spectacle le Bal des Enfoirés en 2012, par Patrick Bruel, Christophe Maé, Elsa et Liane Foly. Ce titre s’est imposé comme un tube dès sa sortie et a propulsé le jeune Guillaume Grand, auteur compositeur et interprète, sur le devant de la scène française.

Toi et Moi, Guillaume Grand, Source et Caetera / Paris 1900

Alors après le succès du premier album « L’amour est laid » et accueil plus mitigé du second opus « Il parait » en 2014, Guillaume Grand a mis le large. Il a mis les voiles et a navigué au gré de ses envies et de ses émotions, en se laissant le temps pour écrire. Il nous revient enfin avec « J’aime trop les gens », un texte et une musique aussi bien ciselé que l’était « Toi et moi » et dont la mélodie et le refrain restent immédiatement dans la tête dès la première écoute.

Le titre est produit par Muséum production, le label indépendant du chanteur et porté par la prestigieuse maison Polydor, avec laquelle Guillaume a signé un nouveau partenariat en ce début d’année.

Un partenariat prometteur pour le succès, on l’espère du prochain album,qui devrait paraître d’ici la fin de l’année.

J’aime trop les gens, Guillaume Grand, 2020, Museum Production.

Entre Steve McQueen et Pink Floyd, Benjamin Biolay en pôle position sur le Grand Prix de la chanson française à textes.

A minuit vendredi, a été mis en ligne sur toutes les plateformes de streaming « Comment va ta peine » le premier extrait de Grand Prix, le nouvel album de Benjamin Biolay chez Polydor, dont la sortie est prévue le 26 juin.

Alors oui, ça y est, Benjamin revient. Avec un album concept, cela va de soit. « Un petit film » de plusieurs dizaines de minutes dans lequel en 13 scènes, (soit autant de chansons) le chanteur déclinera en musique les thèmes de la course automobile et ses aléas : la route, les voyages, la victoire et la défaite, la vie et la mort. Cet album est d’ailleurs dédié au pilote Jules Bianchi mort en 2015 après un accident sur le circuit du Japon.

Entre Steve Mac Queen et Pink Floyd

Telle une affiche de film, la photo de Mathieu César pour pochette de l’album montre le chanteur en combinaison de coureur, assis devant une Matra de la fin des années 60. En arrière plan, un homme portant une combinaison en feu courre derrière une Mercedes. Pink Floyd et Steve McQueen. La pochette de Wish you were here avec l’homme en feu symbolisant l’absence de Syd Barrett, le bassiste historique du groupe. La Mustang du film Bullit avec laquelle Steve McQueen livre une course poursuite dans les rues de San Francisco. Le rock et la course. La vitesse et (ou ?) la vie.

Alors avec tout ça, qu’attendre, supposer surtout jusqu’au 26 juin, du nouvel album du boss de la chanson française ?

En pole position dès le tour de chauffe

Le premier titre, tel le tour de chauffe, laisse présager les plus belles choses. Comment va ta peine a tout d’un tube. Le synthé pop de Julian Casablancas et des Strokes, l’électro planant de Daho et les violons de La Superbe. Mais du Biolay dans le texte avec un groupe tout autour : Johan Dalgaard aux claviers, Pierre Jaconelli aux guitares (aussi co- réalisateur de l’album) et Philippe Entressangle aux percussions.

Alors avant mêmes les « essais » du 15 mai – la sortie du 2e extrait sur les plateformes-, on peut d’ores et déjà espérer la pôle position pour un album qui s’annonce comme l’un des plus réussis du chanteur caladois.

One world, one voice, un show international caritatif historique

Cette nuit était diffusé – via les plateformes de streaming en France – « One world together at home » le concert international et solidaire réunissant des artistes principalement américains mais aussi européens avec la présence remarquée d’Angèle, de Christine and the Queens ou de Zucchero. Ce « Giant TV show » est présenté par Jimmy Fallon (NBC), Jimmy Kimmel (ABC) Stephen Colbert (CBS), réunissant ainsi les trois principaux canaux de diffusion de télévision historique américains.

One World,

Le programme a pour vocation, en plus de la diffusion de live des artistes depuis leur domicile, de faire mettre en lumière et partager l’expérience dans les hôpitaux et sur le terrain des médecins et personnels soignants du monde entier. Un appel aux donc pour le Fonds pour la recherche médicale sur le covid 19 est régulièrement effectué. Les fonds récoltés seront également utilisés pour venir en aide à ceux qui sont les plus démunis face à la crise actuelle.

Together … (#Athome)

Des reportages issus des télévisions du monde entier entrecoupent les prestations des artistes. On a pu ainsi découvrir comment l’organisation internationale Mercy Corps en Jordanie vient en aide aux réfugiés syriens atteints du coronavirus, ou découvrir un extrait d’une édition locale de France 3 montrant deux guitaristes français chantant « Le petit bal perdu » (à 4:55 h) de Bourvil devant une maison de retraite à Tulle (!!) pour tenter de rompre la solitude des personnes âgées.

Les intervenants de tous horizons qui s’exprimeront (le secrétaire des Nations Unies Antonio Guterres, les anciennes premières dames Laura Bush et Michelle Obama, Mélinda et Bill Gates célébreront à tour de rôle de manière unanime les médecins, les chercheurs et tout le personnel soignant. Ils ont aussi exprimé leur gratitude aux chercheurs qui travaillent dans le monde entier pour mettre au point un vaccin qui permettra d’éradiquer la maladie.

we can win this fight

A contre courant des récentes interventions du Président Trump, tous ont rappelé l’importance de rester chez soi pour éviter la propagation rapide du virus. Paul McCartney a appelé à célébrer les « vrais héros du monde » et a appelé les dirigeants du monde entier à prendre la mesure de la gravité de cette crise et d’agir unanimement pour que cela ne se reproduise plus.

La soirée a aussi mis en lumière les petits gestes de chacun des « citoyens du monde » : les couturières qui fabriquent des masques, les caissières, les policiers et l’ensemble des services publics qui chacun, comme les artistes, permettent d’adoucir et de préserver la continuité de notre monde mis en pause.

Les artistes que nous avons aimés :

  • 2:52:00 – Chris and the Queens : People have been sad
  • 3:00:00 – Zucchero : Everybody’s gotta learn sometime
  • 3:30:30 – Finneas : Let’s fall in love for the night
  • 3:36:00 – The Killers : Caution
  • 4:06:32 – Chris and The Queens : Moutains (We met)
  • 4:59:00 – Hozier : (Ireland) Take me to church
  • 5:06:20 – Angèle : Balance ton Quoi
  • 6:02:00 – Lady Gaga : Smile
  • 6:06:00 – Stevie Wonder : Lean on me / Love’s in need of love today
  • 6:10:46 – Paul MacCartney : Lady Madonna
  • 6:23:10 – Elton John : I’m still standing
  • 6:56:00 – Les Rolling Stones : You can’t always get what you want
  • 7:21:00 – Jennifer Lopez : People
  • 7:29:30 – John Legend et Sam Smith : Stand by me
  • 7:45:27 – Billie Eilish and Finneas : Sunny
  • 7:51:39 – Taylor Swift :Soon you get better
  • 7:57:00 – Céline Dion, Lady Gaga, Andréa Bocelli, John Legend accompagnés au piano par Lang Lang : The Prayer

Wake up from your sleep, take a deep breath and… Listen to… ASAF AVIDAN, LIVE #ATHOME

Je l’ai photographié pour la première fois à la Cigale. J’y suis allée sans le connaître. J’ai un ami qui était fan et me suppliait régulièrement d’écouter son dernier album ou du moins, le concert diffusé sur un podcast de France Inter. Je n’avais fait ni l’un ni l’autre… mais l’occasion se présentant, me voici donc, invitée et avec mon appareil photo, à son concert à la Cigale un soir de l’hiver 2018.

Quand on est photographe de concert, on a généralement le droit de photographier l’artiste pendant les trois premiers titres du concert seulement. Après, comme on est invité, parce qu’on a parfois un article à écrire, et surtout pour ma part, par respect pour les gens qui ont, eux, payé leur place, on reste. Il avait joué les trois premiers titres assis seul devant la scène avec sa guitare. Lorsqu’on photographie, on regarde plus qu’on écoute. Alors, après avoir rangé l’appareil photo, je me suis assise dans un coin, et j’ai commencé à écouter.

Je me suis dit que ça allait être long…

Et il était toujours en guitare voix, avec cette intonation si spéciale que je n’avais jamais entendue auparavant. Ça faisait un peu camp scout. Je me suis même dit que si ça continuait comme ça, ça allait être long. Que j’avais les photos à développer, l’article à écrire, et qu’il allait être tard. Mais j’étais invitée. Alors je suis restée.

Et puis, il s’est animé. Il avait à ses pieds des percussions accrochées à ses chevilles, il enregistrait les sons de différents instruments (guitare, percussions, voix) sur des boucles qu’il maîtrisait avec des pédales. Plus la chanson avançait, plus les boucles se supperposaient, plus on avait l’impression d’être face à un orchestre, alors que le type était toujours tout seul. J’étais captivée, fascinée. Ce qu’il faisait était inédit (au moins pour moi!). Il est l’originalité et la création à part entière. Je n’ai jamais oublié ce que j’avais ressenti ce soir là.

Bang Bang, Le titre en question !

#StayHome (ON YOUTUBE), and hang (with him)

Alors après, comment le rater ? Asaf Avidan jouait pour la 2ème fois en live depuis son canapé dimanche dernier. Le concert à voir absolument en période de confinement !

Des anciennes chansons et des inédites du prochain album

Pendant presque une heure, il a joué (performé serait plus juste) des titres de ses anciens albums, parmi lesquels Maybe you are et A Ghost before the wall issus de The Reckonning, sorti en 2008, ainsi que et le très live Bang Bang dont je vous parlais plus haut – paru sur l’album Gold Shadows (2015). Le confinement l’empêchant de poursuivre l’enregistrement de son prochain album en Israël, il en a profité pour en dévoiler des titres : Anagnorisis, No word -déjà chanté lors de la précédente session live – et Indifférent Skies.

« Nous courrons tous vers un point de non retour, alors continuons à chanter comme si demain n’existait pas » – Earth Odyssey

Entre deux chansons – et quelques gorgées de bières – il a répondu en direct aux questions des spectateurs.

Des annonces de prochaines aventures …

Il a révélé, comme on s’y attendait, que tous les festivals cet été sont (seront) annulés, et que, pour d’autres raisons, il ne pourra pas non plus chanter à la rentrée. Malheureusement, il n’y a plus aucune date de concert prévue et lui même ne sait pas quand (mais on espère au plus vite !) il pourra revenir sur scène. Mais entre temps, bonne nouvelle, son album devrait sortir en septembre… si tout va bien (l’industrie du disque étant comme les autres très touchée par la crise actuelle, aucune sortie n’est assurée selon lui).

… sur Le périple de la Terre.

En début de concert et avant de chanter les chansons de cet album à venir, il a interprété sa nouvelle (et magnifique) chanson inspirée par le confinement : Earth Odyssey. Le titre, sorti en digital est accompagné d’un clip dans lequel on voit des danseurs professionnels confinés chez eux qui dansent sur ce titre particulièrement fort et emblématique de notre situation actuelle. Il l’a joué seul à la guitare, et aux percussions, celles ci étant jouées comme à son habitude accrochées à ses chevilles.

Une pépite inattendue

Il a terminé sur deux reprises, celle de Ballade of a Thin Man de Bob Dylan, qui est une de ses références, et une autre particulièrement inattendue  de sa part : When the party is over de Billie Eilish. Il a expliqué avant de chanter, et pour répondre à une question des spectateurs sur ses « inspirations », que certaines chansons étaient particulièrement inspirantes pour lui, dont celle-ci qu’il adore, particulièrement (et probablement uniquement…) de la jeune chanteuse américaine (à 45:07mn de la vidéo ci dessous)

Just wait… and see : Nada Surf au Transbordeur

La tournée internationale de Nada Surf avec John Vanderslice faisaient étape hier au soir à Lyon . John Vanderslice ouvrait pour les new yorkais venus présenter les titres de leur nouvel album, Never not Together (voir notre précédente chronique ici).

Just wait…

C’est l’américain natif de Floride John Vanderslice qui avait l’honneur d’ouvrir la soirée. Venu pour présenter son album The Cedars, il a été soutenu par Matthew Caws, le leader de Nada Surf qui l’a rejoint pour chanter avec lui sur un titre. Plus tard, c’est le batteur du groupe qui viendra l’accompagner sur une autre chanson de son répertoire . Que le groupe vedette de la soirée, aux millions de disques vendus et à la carrière internationale vienne épauler l’inconnu de la première partie, voilà qui est original et ne manque pas de générosité. La soirée s’annonce belle et chaleureuse.

We’ve got something to lose…

Nada Surf entre alors en scène et ouvre son set avec So much Love, le titre phare de leur nouvel opus, et enchaîne sur Hi-Speed Soul, un des tubes de Let go, l’album sorti en 2002. Entre les titres, dans un français impeccable (Matthew Caws et Daniel Lorca ont fréquenté le lycée français de New-York avant de poursuivre des études en France et en Belgique), Matthew rappelle justement que le groupe vient jouer ici depuis 11 ans, l’âge du fils d’un de leur plus fidèle fan, présent à tous les concerts de Nada Surf dans la capitale des Gaulles.

Transporté par le succès de High/Low, leur EP sorti en 1996, Nada Surf avait rapidement assuré son succès sur la scène internationale. Le succès du groupe était alors porté par l’excellent et novateur titre Popular, qui contenait une partie parlée ou plutôt rappée, faite par un chanteur – Matthew Caws – d’un groupe de rock, Nada Surf. La modernité éclatante dont les new yorkais avaient fait preuve dans l’écriture, la composition et les arrangements de cet album, avait alors éclaboussée toute la scène rock et pop internationale. De High/Low à Never not together sorti l’année dernière, Nada Surf n’a jamais faillit dans sa capacité d’innovation musicale, dans sa capacité surtout d’être toujours dans le vent des émotions du temps, sans tomber sans la facilité, et d’être les porte-parole musicaux de nos préoccupations intimes.

Slown down and see where it goes

Durant la soirée, le band new-yorkais alternera avec succès entre anciens et nouveaux titres. D’abord réservé au début, le public s’est rapidement réchauffé et a accompagné le groupe porté par Mathhew Caws, dont la générosité et la gentillesse ne s’est pas démentie. Après avoir enchaîné en rappel le sublime Just Wait et le rassembleur Blankest Year, le chanteur a tenu la boutique de merchandising en signant et discutant avec tous les fans qui ont été nombreux à faire la queue pour partager un moment avec lui.

Dans ce monde en constantes mutations, où les dangers climatiques, sanitaires… menacent sans cesse de nous tomber sur la tête, Nada Surf offre une parenthèse rassurante sur la nature humaine, quelque chose de généreux, de chaleureux, d’humain en somme qui nous aide à continuer à espérer dans le monde de demain… du moins tant qu’il y restera Matthew, Daniel et leur band.