The New Abnormal : ne cherchez pas ça ne ressemble à rien d’autre. ET C’EST NORMAL PARCE QUE C’EST LES STROKES.

Le nouvel album tant attendu des Strokes est sorti le 10 avril. Et tout le monde en parle. Alors pourquoi pas nous…aussi ? Parce que les Strokes on les aime. Et surtout Julian (oui, on avoue).

Alors, on a lu toutes les critiques qu’on a pu, mais on a surtout lu les textes et écouté les musiques. Et on vous raconte notre Abnormal à nous.

LAISSONS PARLER LES ADULTES …. 

C’est en 2001 que les 5 new-yorkais au look adulescent, sortent Is This it, leur premier album. 

Désignés comme les sauveurs d’une scène rock à bout de souffle, les Strokes deviennent alors LA référence de la scène rock indépendante. Le groupe créé alors son propre modèle : un son porté par la puissance des guitares seules accompagnant la voix originale du chanteur Julian Casablancas, le tout dans un style mêlant garage rock et post punk. 

Is this it est suivi et confirmé par Room on fire, qui deviennent des albums piliers fondateurs aussi mythiques que perturbants pour le band New-Yorkais. À la faveur d’une pause, Julian entame une carrière solo et sort Phrazes for the Young, dans lequel il démontre que son génie artistique ne dépend en aucun cas d’un groupe. Lui qui était fondamentalement attaché au son des guitares fortes supportant la voix, il découvre le pouvoir des synthés dans la réalisation de ses titres. Le retour des Strokes en 2011 avec Angles est ainsi marqué par l’apparition de claviers, puis de synthés pop dans l’album suivant, Comedown Machine (2013).

Faudra-t-il tuer le père ?

L’introduction des synthés et des sonorités électroniques dans la production du groupe est très mal reçu par la critique et les fans. Ces derniers reprochent à leurs idoles, en délaissant les guitares saturées du rock garage pour des arrangements plus électroniques, de renier leurs racines et de s’éloigner de l’essence de ce qui a fait leur succès. Tant et si bien que lors de leurs derniers concerts, le groupe ne jouera aucun titre des deux derniers opus. 

A quand le prochain jumeau actualisé de Is this it ? Certains n’ont toujours pas compris que c’était tout sauf ce que voulait Julian Casablancas.

Changer tout, tout le temps. Une Bad décision, vraiment ?

The New Abnormal ne ressemble à aucun des autres albums des Strokes. Parce qu’il faut tourner la page et créer quelque chose de nouveau. Et c’est normal, parce que c’est les Strokes

Un album déjà beaucoup critiqué mais ces attaques le groupe les attendaient, puisqu’elles sont les mêmes depuis huit ans. Dès la première chanson The Adults are talking , le ton est donné. En plus du titre qui laisse supposer un jeu de gamins organisé dans le dos des plus grands, l’outro dévoile un échange sur le ton de la dérision entre Julian et ses comparses sur le côté trop « excentrique » de ce titre pour les fans « historiques » du groupe. « Revenons aux anciens sons, aux anciens rythmes » disent-il en plaisantant. 

La désinvolture envers ces fans conservatistes et les critiques haineuses est encore plus poussée dans le titre Bad décisions (qui sonne comme un basique des Strokes). Pour tourner la dérision encore plus loin, le groupe va s’inspirer d’un vieux titre de Billy Idol (1981)Dancing with myself, pour montrer aux détracteurs de la créativité que ce n’est pas une « mauvaise décision » de vouloir sans cesse faire quelque chose de nouveau, et que créer toujours à partir de l’ancien n’est plus possible. La très funky Brooklyn Bridge to Chorus pose la question de la suite : Faut-il en musique, toujours aller du pont au refrain, revenir sans cesse à la même chose ? Peut-on enfin tourner la page des années 2000 ?

Alors, changer oui mais comment ? C’est la question que les Strokes poseront tout au long de l’album sur des morceaux bien plus écrits que dans les précédents. 

… ET ÉCOUTONS CHANTER LES STROKES.

9 pistes pour 45 minutes de plaisir, « The New Abnormal » s’écoute aux rythmes funky rocks mêlant mélancolie , nostalgie sur des pointes de R’n’B et soul. 

Si les fans de la première heure ont pu être rassurés, ce n’est que sur le premier titre. The adult are talking » qui sonne, grâce aux guitares saturées sur la voix de Julian, comme une promesse de retour à Is This it.

L’essence même des Strokes, leur signature, réside dans cette capacité à proposer sans cesse ce qui n’existe pas encore…

Très vite les claviers et autres synthés planants font leur retour sur Brooklyn Bridge to Chorus et le très électronique At the door. Si les guitares de Nick Valensi et Albert Hammond Jr agrémentent SelfnessEternal Summer ou même Not the same Anymore, ce n’est que pour accompagner l’électronique et les synthés omniprésents dans chacun des titres.

La voix de Julian Casablancas, apparaît quant à elle, plus naturelle et authentique ( Selfless). Le chanteur s’amuse même à passer de l’aiguë à la voix parlée (Eternal Summer). Toutes les gammes sont utilisées puisque on retrouve même de l’autotune pour accompagner le très planant  At the Door. 

La collaboration avec Rick Rubin – producteur de tout ce que la musique américaine a fait de succès depuis 15 ans (on se souvient tous encore de « Blood Sugar Sex Magik des Red Hot en 1993) – se sent dans les arrangements plus subtils, plus habillés parfois même à l’intérieur d’un même titre de l’album. On navigue ainsi entre les claviers électroniques et minimalistes de Brooklyn Bridge to Chorus, dans les intros d’At the Door ou d’Ode to the Mets.

Ce dernier album des Strokes est incontestablement marqué par la « patte » et le talent de Julian Casablancas. La disparité d’Angles, réalisé après un travail séparé des différents membres du groupe, le succès mitigé des carrières solo comparé à la réussite et la créativité incontestable de Julian dans ses différents projets musicaux (The Voidz ou Daft Punk), a prouvé que sans la direction forte de son leader, les Strokes ne seraient pas le groupe salvateur et constamment créatif qu’ils ont été, et ce, malgré les critiques récurrentes dont ils font l’objet.

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